Comment faire de beaux semis

Comment faire de beaux semis

Le printemps pointera le bout de son nez dans quelques jours seulement! Avez-vous déjà des images de jardins fleuris qui s’invitent dans un recoin de votre tête? Ça tombe bien, moi aussi!

Une bonne façon d’avoir exactement les variétés et couleurs que vous désirez au jardin est de démarrer vos propres semis. D’ailleurs il est tout à fait possible d'obtenir de magnifiques résultats avec une chambre de semis faite maison qui, sérieusement, est aussi simple qu'un endroit chaud avec des lumières pour les plantes.

En règle générale, pour prospérer, les plantes ont besoin de 4 éléments.

La terre, l’eau, la lumière et la chaleur. La boule disco étant facultative.

LA TERRE: pour démarrer vos semences il vous faut du terreau à semis de haute qualité si vous voulez de bons résultats, de préférence bio ou du moins sans fertilisants chimiques.

Ensuite en guise de contenants, tout ce que vous trouverez qui peut retenir ce terreau et drainer l'eau, y compris des cartons d’œufs, de vieux pots et des gobelets de plastique percés au fond feront l’affaire. Si vous réutilisez des vieux pots, il peut être judicieux de les laver avec une solution d’eau de Javel à 10% pour éliminer les agents pathogènes qui pourraient y avoir élu domicile. Ici à la ferme nous utilisons exclusivement des plateaux multicellules. Vous les trouverez dans la plupart des centres jardin à cette époque de l’année.

Ces plateaux sont disponibles en plusieurs dimensions et choisir la bonne taille peut s’avérer décourageant. Perso, j’aime beaucoup les solutions faciles et pratiques. Nous cultivons donc toutes nos variétés dans des plateaux de 128 cellules, sauf pour les pois de senteur où nous utilisons des pots de 4” pour leur permettre de développer un réseau racinaire plus important. Le plateau de 72 cellules est d’après-moi le meilleur choix pour les jardiniers occasionnels car ce type de plateau contient plus de terreau par cellule, ce qui permet aux plantules d’être nourries adéquatement un peu plus longtemps. De cette manière aucun rempotage n’est requis et vous obtiendrez des transplants forts, qui auront développé une belle motte de racines pour la transplantation.

L’EAU: avant de semer vos graines, humidifier le terreau sans qu’il ne soit détrempé. Une fois les semences en terre, l’ajout d’un couvercle (un dôme en plastique transparent, souvent vendu en “kit” avec les plateaux) posé sur le plateau conservera l’humidité qui, combinée à la chaleur, fera accélérer la germination de vos semences. Mais celui-ci n'est pas obligatoire.
Restez à l’affût de tout signe de germination et retirez le dôme dès que les cotylédons auront traversé la surface du sol. Une fois le miracle de la germination réussie et le couvercle enlevé, il vous faudra continuer d’arroser vos nouvelles plantules dès qu’elles en auront besoin. Mais attention, trop d’eau=moisissure! Arrosez-les seulement quand le terreau à la surface aura eu le temps de s’assécher un peu (la couleur pâle du terreau et le faible poids du contenant sont de bons indicateurs qu’il est temps d’arroser).

Dans la serre où les conditions sont parfaitement contrôlées, la satisfaction d’arroser à grand jet d’eau est immense. Mais pour protéger vos beaux planchers il peut être fort sympathique d’installer un matière qui viendra récupérer les gouttelettes et, surtout, d’utiliser une méthode plus adaptée.

Le sous-plateau à fond plat (sans trous!) s’avère une bonne option. Il suffit de verser un peu d'eau dans le plateau à fond plat et d'y déposer vos plateaux de semis à l'intérieur. Le bas des cellules vont ainsi être immergées (on veut que les trous du plateau multicellules soient immergés) et l'irrigation se fera par le bas. Après quelques minutes on peut donc retirer le restant de l'eau (ou s'assurer que les trous n'y touchent plus).

Il existe aussi une autre méthode pour pleinement irriguer le terreau qui consiste à avoir un seul grand contenant, pas trop profond (la hauteur d'un plateau si possible) et rempli d'eau où vous déposez les plateaux un après l'autre pour qu'ils 'boivent'. On laisse tremper un plateau à la fois à la surface de l'eau pendant quelques minutes en s'assurant que celui-ci ne soit jamais submergé, ce qui laverait les semences hors du plateau. Une fois le plateau complètement humidifier on le sort en gardant en tête qu'il s'égouttera de son surplus d'eau.

Peu importe la méthode, il est important de laisser sécher un peu le terreau entre le arrosages.

LA LUMIÈRE: certaines variétés ont un cycle extrêmement long et doivent être démarrées tôt en saison. Pas besoin de serre ou d'installations complexes et onéreuses pour ce faire, un système fort simple installé dans la maison sur des étagères, avec des fluorescents fera amplement l’affaire. Dans presque toutes les quincailleries vous pouvez vous procurer de l’éclairage spécifique aux plantes qui leur donnera le spectre de lumière complet nécessaire pour grandir.

Il faut veiller à donner aux nouvelles pousses environ 14 à 16 heures de lumière par jour. Si les semis n'ont pas accès à cette quantité de lumière naturelle, on procure un apport en lumière artificielle. Un moyen très simple d’éviter d’oublier d’allumer ou d’éteindre vos lumières est de les raccorder à une minuterie. Suspendez les lumières juste au-dessus de vos semis. Au fur et à mesure que les semis grandissent, assurez-vous d’élever les lumières de façon à ce qu'elles soient à 2” à 3” maximum au-dessus de la plantule la plus haute.

LA CHALEUR: en général, pour que les graines puissent germer rapidement, elles doivent être gardées au chaud. Trouvez un endroit confortable, généralement entre 18˚C et 23˚C le jour où vous ferez pousser vos semis. Cette chaleur encourage les graines à germer plus rapidement. Pour les plus motivés d’entre-vous, l’achat d’un tapis chauffant ($$$) peut être une bonne idée..

LA BOULE DISCO: faites un plan couleurs grand format de votre jardin, de ce que vous aimeriez qu’il devienne! Osez le pire et essayez de nouvelles variétés, des combinaisons de couleurs, des textures! Arrosez trop, n'arrosez pas assez, faites des erreurs et apprenez de celles-ci! Les erreurs sont la meilleure façon de s’améliorer!

Et…bonne chance pour réussir à ne pas acheter trop de paquets de semences ;) D’ailleurs, si possible encouragez les artisans semenciers du Québec.

Aider une semence à naître procurera à quiconque une satisfaction sans bornes. Cette magie de la division cellulaire en a émerveillé plus d’un et tant mieux si vous décidez de vous offrir (ou à vos enfants, vos élèves, vos collègues de travail, vos patients, whatever!) cette expérience qui nous connecte au cycle des saisons et nous ramène à vivre en symbiose avec la nature.

Quelles variétés allez-vous semer cette année?

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1 commentaire

  • Excellent article , j’espère avoir d’autres comme celle-ci pour le suivi de la mise en terre au jardin

    Vézina Gaetan

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